Défi du bâtiment vivant : pour une vision vivante au-delà de la liste rouge.

Le Défi du bâtiment vivant (Living Building Challenge), programme phare de l'International Living Future Institute (ILFI), propose l'une des définitions les plus complètes, les plus visionnaires et les plus ambitieuses de la construction durable. Les architectes et les designers qui ont conçu cette norme ont fait un travail exceptionnel pour que le milieu bâti ait des répercussions positives plutôt que négatives.

Interface appuie non seulement la vision de l'ILFI, mais collabore avec l'organisme pour mettre sur pied des programmes dans certains de ses domaines d'expertise, par exemple des projets à visée sociale ou touchant au biomimétisme et à la biophilie (Interface est membre fondatrice de la Biophilic Design Initiative).

Inévitablement, même deux organisations aux visions communes porteuses de changement comme l'ILFI et Interface ne s'entendront pas sur tout. Cherchant à mettre la barre haut, le Défi du bâtiment vivant ne repose pas sur un système de points facultatifs comme la norme LEED, mais plutôt sur une longue liste d'exigences imposées, par exemple présenter un bilan énergétique et un bilan d'utilisation de l'eau positifs, opter pour le design biophilique et éviter les produits contenant des matériaux sur la “Red List” du Défi.

Les lacunes de la liste rouge

En tant que fabricant responsable, Interface évalue l'ensemble des répercussions et des compromis qui découlent de la fabrication d'un produit. Par exemple, les produits standard d'Interface pour le continent américain font partie d'un système en boucle fermée certifié aux nombreux avantages :

  • Au moins 98 % d'énergie renouvelable;
  • 66 à 89 % de matériaux recyclés (dont du plastique provenant des océans);
  • Aucun produit chimique réglementé ni revêtement de fil fluoré;
  • Contribution nulle au réchauffement climatique.

Pourtant, ces produits standard ne peuvent être utilisés pour la construction d'un édifice dans le cadre du Défi du bâtiment vivant, puisque la norme actuelle est presque entièrement basée sur la présence de matériaux faisant partie de la liste rouge propre au Défi. Avec cette approche, le fait que nos endos standard contiennent une petite quantité de PVC rend tout le reste inutile.

Interface et le Défi du bâtiment vivant

Les équipes de projet du Défi choisissent encore des produits Interface, notamment pour les bureaux de l'ILFI et de Delos (créateur de la norme WELL Building Standard), qui ont la certification du Défi du bâtiment vivant. Ils utilisent toutefois d'autres endos d'Interface conformes au Défi avec étiquettes Declare Red List Free Declare Labels.

Cela montre bien les limites de la liste rouge. En négligeant d'envisager l'ensemble des facteurs, notamment si un produit comprend un processus de recyclage en boucle fermée et tient compte des effets des changements climatiques sur la santé, on peut aboutir à des compromis involontaires. 

Interface considère que l'utilisation de substances chimiques sécuritaires dans tous ses produits est un point de départ essentiel pour améliorer son offre. S'attaquer à l'ensemble des effets du cycle de vie d'un produit sur la santé des humains et de l'écosystème est un défi de taille qui nécessite la mise en place de nouveaux modèles d'affaires.

Les systèmes de liste rouge comme ceux du Défi du bâtiment vivant ou de Cradle to Cradle sont fondés sur le principe qu'il suffit de remplacer tous les matériaux déficients utilisés par le passé par de nouveaux matériaux « propres ». Bien que la volonté d'éliminer les risques pour la santé humaine soit louable, cette stratégie ne peut s'appliquer à grande échelle sur une planète aux ressources limitées, où les « nouveaux » matériaux doivent être extraits de l'écosystème, qu'il s'agisse d'un puits de pétrole, d'une forêt, d'un champ ou d'une mine. Interface souhaite créer des produits qui peuvent non seulement être utilisés sans danger, mais qui sont sécuritaires sur l'ensemble de leur cycle de vie pour tous les organismes vivants. Les matériaux qui remplissent les océans de plastique ou émettent des gaz à effet de serre dans l'atmosphère ne sont pas "sécuritaires", même s'ils ne contiennent aucun composant de “Red List Free.”

Les produits faits de matériaux usés doivent-ils être hautement performants et sans danger? Bien sûr! Cela relève du bon sens commercial. Mais ce n'est pas nécessairement la nouvelle Révolution Industrielle à laquelle Interface et l'ILFI croient de tout cœur.

C'est pourquoi, alors que l'ILFI développe de nouveaux domaines d'influence et de nouvelles certifications, nous continuerons à applaudir sa vision et à coopérer pour atteindre nos objectifs communs. Il est impossible d'y arriver seul.

Related Articles