Par principe : Entrevue avec David Oakey

En janvier 2009, environ 300 Britanniques vêtus de tailleurs en tweed se sont réunis sur Savile Row. Après avoir posé pour des égoportraits, ils ont enfourché leurs vélos rétro et ont circulé dans les rues du centre de Londres. Depuis, la « Tweed Run » est devenue un événement annuel dans la capitale britannique et a été reprise un peu partout dans le monde, de Minneapolis à Malmö.

David Oakey admet que ce genre de regroupement pourrait être vu simplement comme un autre exemple de l’obsession de la génération Y pour tout ce qui est vintage. Mais l’homme à la tête de David Oakey Designs et chef du design de produits pour Interface croit plutôt qu’on assiste à un phénomène beaucoup plus profond : au lieu de passer leur vie devant des écrans d’ordinateur, ces cyclistes interagissent directement avec leur environnement physique. Pour lui, la Tweed Run représente une recherche concertée d’authenticité, de confort et de naturel dans le monde d’aujourd’hui.

Le fait que les participants portent le tissu qui donne son nom à l’événement n’échappe pas à M. Oakey. Cela vient même étayer son propos : « La beauté du tissage à la main, c’est qu’il est beaucoup plus naturel que l’uniformité synthétique des tissus usinés modernes. Par exemple, dans le tweed écossais traditionnel, ce qui semble être un vert uni est en fait composé de 10 à 15 couleurs différentes. La nature amalgame les couleurs de façon similaire. » D’autres tissus artisanaux, comme le tissage libre Saori, sont tout aussi diversifiés.

C’est de l’intérêt de M. Oakey pour les tissus faits à la main qu’est née la collection World WovenMC, une nouvelle gamme qui, explique-t-il, vient ajouter une certaine dimension au design biophilique – une façon de concevoir des espaces qui reflètent notre attrait inné envers le monde naturel. M. Oakey est un adepte de longue date du design biophilique, comme en font foi ses collections Urban Retreat® et Near & FarMC, qui s’inspirent directement de la nature.

L’influence de la nature sur World Woven est plus abstraite : on y retrouve les mêmes genres de motifs irréguliers et de variations de couleurs, sans toutefois copier des éléments précis. Cette approche systémique du design biophilique s’opère sous différents angles, explique M. Oakey. « Comme ces produits sont modulaires, on peut s’en servir simplement comme toile de fond neutre, ou combiner plusieurs textures pour amener une diversité et un mouvement similaires à ce qu’on retrouve dans la nature. »

Les carreaux de tapis World Woven ne confèrent pas à l’espace un aspect « plein air ». Les designers apprécieront plutôt leur allure résidentielle et les possibilités d’agencement qu’ils offrent. Cela dit, les occupants de l’espace en question profiteront quand même des bienfaits de la biophilie.